L’essentiel en 5 points
- Quatre amarres au minimum : deux pointes de la longueur du bateau, deux gardes d’une fois et demie la longueur du bateau.
- Le diamètre suit la taille du bateau : 12 mm jusqu’à 8 m, 14 mm jusqu’à 10 m, 16 mm jusqu’à 12 m, 18 mm jusqu’à 14 m pour une double tresse à âme polyamide. Repère rapide : la longueur du bateau en mètres plus 4, lue en millimètres.
- Sur pendille, en Méditerranée, quatre pointes arrière croisées et la pendille bien tendue à l’avant.
- Une amarre courte en plus sert de traversière ; des amarres très longues pour l’échouage le long d’un quai.
- Une amarre doit amortir : préférez le polyamide, jamais une vieille drisse, et protégez-la du ragage.
L’amarrage est une discipline qu’aucun plaisancier ne devrait négliger, non pas pour son bien-être mais pour celui de son bateau. Combien d’amarres embarquer, de quelle longueur, de quel diamètre ? La réponse dépend de la taille du bateau et de l’endroit où vous vous amarrez : le long d’un quai, à un catway, sur pendille ou au sec sur un quai d’échouage. Ce dossier donne les repères pour chaque cas, puis le diamètre à choisir selon votre bateau.
C’est le deuxième volet de notre guide d’achat des amarres. Le premier, comment bien choisir ses amarres, compare les matières et les structures ; le troisième, les bons nœuds d’amarrage, et le quatrième, le guide des bonnes pratiques, s’occupent des gestes au ponton.
1. Le jeu d’amarres de base : pointes, gardes, traversière
Pour vous amarrer le long d’un quai, il vous faut deux pointes, deux gardes et, de préférence, une traversière. Chaque amarre a son rôle et sa longueur.

| Amarre | Son rôle | Sa longueur |
|---|---|---|
| Pointe avant | Part de l’avant vers le quai, empêche le bateau de reculer | La longueur du bateau |
| Pointe arrière | Part de l’arrière vers le quai, empêche le bateau d’avancer | La longueur du bateau |
| Garde avant (descendante) | En diagonale depuis l’avant, retient le bateau vers l’arrière | Une fois et demie la longueur du bateau |
| Garde arrière (montante) | En diagonale depuis l’arrière, retient le bateau vers l’avant | Une fois et demie la longueur du bateau |
| Traversière | Perpendiculaire au quai, maintient le bateau contre le quai le temps de l’amarrer proprement | Courte |
Des amarres supplémentaires ou plus longues ne sont jamais de trop. Mieux vaut être équipé pour s’adapter à toutes les situations : le long d’un quai, à un catway, sur pendille, à l’échouage ou sur un coffre au mouillage.
2. Adapter le nombre d’amarres à l’endroit où vous vous amarrez
Au catway
À un catway, le bateau est tenu par trois pointes au lieu de deux, dont deux pointes avant, plus les deux gardes.
Sur pendille, en Méditerranée

En Méditerranée, on s’amarre le plus souvent cul au quai, sur pendille. Il vous faut alors quatre pointes arrière, que vous croisez pour tenir le bateau dans l’axe. À l’avant, tendez bien la pendille pour ne pas taper le quai : frappez directement le câblot du port sur un taquet ou, s’il est équipé d’un œil, passez une de vos amarres dedans et revenez à bord, ce qui évite de salir le pont avec la chaîne.
À l’échouage le long d’un quai

Si vous pratiquez l’échouage le long d’un quai, prévoyez de très longues amarres pour encaisser le marnage, et frappez-les sur des taquets suffisamment éloignés de l’avant et de l’arrière du bateau : plus l’amarre est longue et éloignée, moins sa tension varie entre la pleine mer et la basse mer.
| Situation | Amarres nécessaires | Point d’attention |
|---|---|---|
| Le long d’un quai | 2 pointes, 2 gardes, 1 traversière | Gardes croisées, dormant ni trop long ni trop court |
| Catway | 3 pointes dont 2 avant, 2 gardes | Des amarres supplémentaires ne sont jamais de trop |
| Pendille (cul au quai) | 4 pointes arrière croisées, pendille tendue à l’avant | Câblot sur taquet, ou amarre passée dans l’œil |
| Échouage le long d’un quai | Amarres très longues sur des taquets éloignés | Vérifier la tension à marée haute et à marée basse |
| Coffre au mouillage | 1 ou 2 amarres en patte d’oie | Protéger le chaumard du ragage |
3. Quel diamètre pour votre bateau ?
Une règle simple circule sur les pontons : prenez la longueur de votre bateau en mètres et ajoutez 4. Le résultat, lu en millimètres, donne le diamètre : pour un bateau de 10 m, 10 + 4 = 14 mm. Elle tombe juste pour une amarre double tresse à âme polyamide, comme le montre le tableau de nos amarres prêtes à l’emploi.
| Diamètre | Charge de rupture | Taille du bateau |
|---|---|---|
| 12 mm | 2 650 kg | Jusqu’à 8 m |
| 14 mm | 3 500 kg | Jusqu’à 10 m |
| 16 mm | 4 900 kg | Jusqu’à 12 m |
| 18 mm | 5 900 kg | Jusqu’à 14 m |
Cette estimation ne tient pas compte des particularités du cordage, matière et structure, ni du bateau, poids et fardage. Sur nos amarres polyester 3 torons, par exemple, la fiche technique donne le 14 mm pour un bateau de 9 m et 3 tonnes, le 16 mm pour 10,50 m et 4,5 tonnes. Consultez la fiche technique de chaque amarre pour connaître sa charge de rupture. La taille de vos taquets est aussi un bon indice du juste diamètre.
4. Quelle amarre choisir ?
Une amarre doit d’abord amortir. C’est ce qui distingue le polyamide, élastique, du polyester, plus durable mais plus raide. Notre premier volet détaille les matières et les structures ; voici le résumé en quatre constructions, notées sur quatre critères.
| Construction | Résistance UV et sel | Amortissement | Longévité | Légèreté | Note |
|---|---|---|---|---|---|
| Polyamide 3 torons | ★★ | ★★★★★ | ★★ | ★★ | 13/20 |
| Polyester 3 torons | ★★★★ | ★★★ | ★★★ | ★★ | 15/20 |
| Tresse plate polyester | ★★★ | ★★ | ★★★ | ★★★★ | 14/20 |
| Double tresse, âme polyamide et gaine polyester | ★★★★ | ★★★★ | ★★★★ | ★★★ | 16/20 |
À vous de choisir ce que vous privilégiez : l’amortissement, la longévité, la résistance, la légèreté ou la compacité. Pour choisir la fibre en connaissance de cause, lisez quelle fibre pour quel usage.
5. À la coupe ou prête à l’emploi ?
Chacune de nos amarres existe en deux versions. À la coupe, vous choisissez la longueur et le diamètre, et vous terminez vous-même les extrémités. Prête à l’emploi, nos mateloteurs de Concarneau réalisent un grand œil épissé à une extrémité, protégé du ragage par une surgaine polyester, et une terminaison constricteur à l’autre pour que le cordage ne s’effiloche pas. L’œil passe autour du taquet ou dans le taquet en tête d’alouette : l’amarrage est plus rapide, le taquet moins encombré, et l’épissure tient mieux qu’un nœud.
Pour une amarre laissée à poste sur un corps-mort ou un mouillage, préférez l’œil sur cosse inox, qui protège le cordage du frottement sur la manille.
Nos amarres prêtes à l’emploi
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Amarre prête à l’emploi – Âme Polyamide et gaine PolyesterProduit configurable
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Amarre prête à l’emploi – Polyamide 3 toronsProduit configurable
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Amarre prête à l’emploi – Polyester 3 toronsProduit configurable
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Amarre prête à l’emploi – Tresse plate PolyesterProduit configurable
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Amarre prête à l’emploi – Polyester 8 toronsProduit configurable
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Amortisseur d’amarres en caoutchouc EPDM | UnimerPlage de prix : 32,90 € à 96,30 € TTC
Si votre bateau reste longtemps à flot, équipez vos amarres d’amortisseurs : ils travaillent en compression, limitent les à-coups et soulagent les taquets. Toutes nos amarres se trouvent dans la catégorie amarres prêtes à naviguer, et les cordages d’amarrage à la coupe dans cordages pour amarres.
6. Les erreurs qui coûtent cher

- Une vieille drisse en guise d’amarre : elle n’est pas assez élastique et fait souffrir les taquets.
- Un diamètre trop gros : l’amarre ne passe plus dans les taquets ni les chaumards, et elle est pénible à manipuler.
- Le nœud de taquet en millefeuille : impossible à larguer en urgence. Un tour mort complet et un huit suffisent.
- Le nœud de chaise des deux côtés : impossible à défaire sous tension. Gardez un nœud de chaise d’un côté et un tour mort et deux demi-clés de l’autre.
- Le ragage ignoré : angles fermés, chaumards sans protection, bateau à flot l’hiver. Vérifiez les points de frottement et hivernez vos cordages.
Au ponton, deux gestes valent tous les discours : le tour mort autour du taquet, qui immobilise dix tonnes par 35 nœuds de vent sans effort, et le fait de violoner pour ramener le bateau sans se faire mal. Nos vidéos courtes immobiliser 10 tonnes avec un tour mort et violoner : ramener le bateau au ponton sans forcer les montrent en vingt secondes. Le détail des nœuds est dans amarrage : les bons nœuds, et le tour des pontons dans amarrage : guide des bonnes pratiques.
Questions fréquentes
Quatre au minimum : deux pointes et deux gardes. Ajoutez une amarre courte pour servir de traversière et, si vous changez souvent de port, une cinquième amarre longue pour le catway, la pendille ou l’échouage.
Une pointe fait la longueur du bateau. Une garde fait une fois et demie la longueur du bateau, parce qu’elle part en diagonale. Pour un bateau de 10 m : deux pointes de 10 m et deux gardes de 15 m.
14 mm pour une double tresse à âme polyamide. Le repère rapide est la longueur du bateau en mètres plus 4, en millimètres. Vérifiez la charge de rupture sur la fiche technique de l’amarre choisie, elle varie selon la matière et la structure.
Quatre pointes arrière, croisées, qui tiennent le bateau dans l’axe cul au quai, et la pendille à l’avant, bien tendue. Frappez le câblot du port sur un taquet, ou passez une amarre dans son œil pour ne pas salir le pont.
Le polyamide amortit mieux les à-coups grâce à son allongement, c’est la fibre de l’amarre par excellence, mais il vieillit plus vite aux UV et à l’eau. Le polyester dure plus longtemps mais amortit moins. La double tresse à âme polyamide et gaine polyester combine les deux.
Pour aller plus loin
Les nœuds d’amarrage, le tour mort et deux demi-clés, le nœud de taquet et leurs pièges sont expliqués pas à pas dans le guide complet Matelotage moderne et nœuds marins.
